Declaration Feministe Au Sujet De La Terminologie Et De L’Abolition Des Mutilations Sexuelles Feminines (MSF)

L’oppression patriarcale constitue le terreau des mutilations sexuelles et autres pratiques traditionnelles attentatoires aux droits des femmes.

Le but de la déclaration est de recueillir le soutien de ceux qui partagent notre point de vue, citoyens qui se sentent concernés, ou  personnes oeuvrant déjà concrètement à l’abolition des mutilations sexuelles, et ce dans la perspective de recherches, d’échanges et d’actions.

En ce sens nous insistons, par exemple, sur l’importance de nommer clairement les choses dans toute prise de parole publique : nous parlons de ‘mutilation’ et excluons les euphémismes qui tendent à minimiser la violence de l’acte.

1. Quelle qu’en la forme la mutilation sexuelle constitue une agression et un acte cruel. Les Nations-Unies ont solennellement déclaré qu’une telle pratique viole les droits fondamentaux de la personne [a].

2. Les mutilations sexuelles sont pratiquées en divers endroits  du monde. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évalue à quelque 140 millions le nombre de femmes et de fillettes qui ont subi cette mutilation, et à environ 3 millions le nombre de nouvelles victimes chaque année [b]. Or il s’agit là de données très relatives ne prenant pas en compte les pays du Moyen-Orient, de l’Indonésie [c] et des pays d’immigration. Les chiffres sont donc susceptibles d’être considérablement plus importants.

3. Dans certaines contrées les mutilations sexuelles, ainsi que d’autres pratiques traditionnelles [d], sont faites par crainte de représailles de la part de groupes puissants, agissant en coulisse et qui en tirent un bénéfice, telles les sociétés secrètes de femmes [e].

4. Quel que soit le lieu où elle est pratiquée la seule réponse appropriée est de traiter la mutilation sexuelle comme un crime dont les conséquences sont parfois mortelles. Il est établi que cette approche combinée avec des mesures éducatives adaptées est le moyen le plus efficace d’y apporter un coup d’arrêt [f].

5. Il est également constant que maintes Africaines d’influence et courageuses ont publiquement par des déclarations communes [g] opté pour que seul le terme de ‘mutilation’ soit employé et non pas des périphrases tendant à minimiser les conséquences de la pratique. Ne leur faisons pas l’injure, au demeurant contreproductive, de méconnaître leur prise de position.

6. Notre seule préoccupation est de prévenir la mutilation d’enfants sans défense, que ce soit par une exciseuse traditionnelle ou du personnel ayant reçu une formation médicale (h). Mais bien sûr cette préoccupation s’étend aussi à la protection des femmes qui se voient infliger une mutilation sexuelle à l’occasion d’un mariage forcé ou ‘arrangé’, après avoir donné naissance ou à la suite un enlèvement.

7. Nous soutenons que chacune des femmes ou fillettes ayant subi une mutilation sexuelle a un droit à réparation et donc à une chirurgie reconstructrice et à des soins médicaux de qualité et gratuits, si elle le désire, puisqu’il s’agit de réparer les conséquences d’un acte criminel.

8. Il y a bien des personnes dotées de talents et de savoirs différents qui pourraient et devraient contribuer au combat pour l’abolition/élimination/éradication des mutilations sexuelles ! Chacun de nous a un rôle à jouer, tout en reconnaissant la place centrale des femmes  l’ayant subie dans leur chair et qui elles-mêmes luttent pour l’élimination de la pratique.

Notes de bas de page ici.

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